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Canicule : les frigoristes, un maillon essentiel pour la continuité des hôpitaux, maisons de repos et entreprises

Aalst, le 15 juillet 2026 – La vague de chaleur de la fin juin a été la plus meurtrière jamais enregistrée depuis le début des analyses : 1.747 décès supplémentaires ont été recensés, dont près de 500 dans les maisons de repos. Alors que les pouvoirs publics débattent des plans canicule et de la climatisation dans les établissements de soins, une autre réalité reste largement méconnue : sans les techniciens du froid, de nombreuses infrastructures essentielles ne pourraient tout simplement plus fonctionner. Frixis, l'Association royale belge du secteur HVAC-R, appelle à reconnaître davantage ces professionnels et alerte sur la pénurie croissante de techniciens qualifiés, qui fragilise directement la résilience de la Belgique face aux épisodes de chaleur extrême.


Le refroidissement est un enjeu de santé publique et de continuité économique

Pour le secteur du froid et du traitement de l’air, une canicule est comparable à une tempête pour les gestionnaires de réseaux. Les installations fonctionnent jour et nuit à pleine capacité, souvent dans des conditions pour lesquelles elles n’ont jamais été dimensionnées. Les condenseurs surchauffent, les compresseurs tombent en panne et la capacité frigorifique diminue précisément au moment où elle est la plus indispensable.

Lorsqu'une installation tombe en panne, les techniciens du froid interviennent en priorité sur les sites où une interruption peut avoir des conséquences immédiates :

• Les hôpitaux et les maisons de repos, où la maîtrise de la température est directement liée à la santé des patients et des résidents les plus vulnérables, et où les blocs opératoires, laboratoires et systèmes de conservation des médicaments doivent fonctionner en permanence.

• Les salles de serveurs er les centres de données, où une défaillance d’un groupe frigorifique peut entraîner, en quelques minutes, l’interruption des systèmes de paiement, des communications ou de l’accès aux dossiers médicaux. 

• L’industrie agroalimentaire, le commerce et la logistique, où le respect de la chaîne du froid fait la différence entre des denrées sûres et leur destruction. 

• La production et la distribution pharmaceutique, où le moindre écart de température peut rendre des lots entiers inutilisables. 

• Les usines, les sites de production et les procédés industriels, où la précision des processus et la continuité des activités dépendent d’un refroidissement stable. 

« Quand le thermomètre affiche 35 °C, personne ne voit les techniciens qui travaillent sur les toits pour remettre une installation frigorifique en service. Pourtant, c'est grâce à eux que des hôpitaux, des maisons de repos, des usines ou des centres de données continuent à fonctionner pendant une canicule. Ce sont les héros discrets de cet été. » dit Herwig Coppens, président de Frixis.


La canicule met en évidence la pénurie de techniciens 

Depuis des années, Frixis alerte sur le manque croissant de frigoristes qualifiés. Les dernières semaines ont montré les conséquences concrètes de cette pénurie : délais d’intervention qui s’allongent, techniciens enchaînant les doubles équipes et entreprises contraintes de déterminer quels clients doivent être dépannés en priorité.

Cette pénurie est structurelle. Une part importante des techniciens atteindra l’âge de la retraite dans les prochaines années, alors que la demande en systèmes de refroidissement, pompes à chaleur et installations climatiques à haute efficacité énergétique ne cesse d’augmenter. Toute réflexion sur la climatisation des maisons de repos, les îlots de fraîcheur ou les écoles adaptées aux fortes chaleurs se heurte finalement à la même question : qui installera, entretiendra et réparera toutes ces installations ?

Le manque de techniciens s'explique notamment par le fait que les formations en techniques du froid restent peu connues des jeunes et sont aujourd'hui proposées par un nombre limité d'établissements. Elles nécessitent des investissements importants en équipements spécialisés, ce qui freine leur développement. Pourtant, le secteur offre des emplois stables, bien rémunérés, variés et offrant de nombreuses perspectives d'évolution.

« Les décideurs politiques peuvent décider dès demain que toutes les maisons de repos doivent être climatisées. Mais sans un nombre suffisant de techniciens qualifiés, cette ambition restera lettre morte », souligne Herwig Coppens.


La qualité est aussi importante que la capacité

Davantage de refroidissement ne signifie pas automatiquement un meilleur refroidissement. Des installations mal conçues ou mal entretenues consomment davantage d’énergie, tombent plus rapidement en panne lors des épisodes de chaleur extrême et accentuent les pics de charge sur le réseau électrique, précisément aux moments les plus critiques de la journée.

À l’inverse, des installations correctement dimensionnées et entretenues par des professionnels sont plus fiables, plus économes en énergie et moins sujettes aux pannes.

Par ailleurs, le secteur doit faire face à une réglementation européenne de plus en plus stricte concernant les fluides frigorigènes, à l’évolution des normes énergétiques et à des innovations technologiques rapides. La formation continue n’est donc pas un luxe, mais une condition indispensable pour garantir des installations sûres et performantes.


Frixis appelle à davantage de reconnaissance et à renforcer l’attractivité du métier

En tant que label de qualité, Frixis accompagne ses membres grâce à la formation continue, au partage des connaissances relatives à la réglementation et aux évolutions technologiques. L’association s’investit également activement dans la promotion du métier auprès des jeunes, notamment par des collaborations avec les établissements d’enseignement, l’organisation d’un prix de mémoire et sa participation à la Charte flamande des pompes à chaleur.

« Le changement climatique rend les vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. Le froid technique n’est plus une question de confort, mais de santé publique », conclut Herwig Coppens. « Nos techniciens méritent la même reconnaissance que les autres professions essentielles. Et les jeunes qui choisissent aujourd’hui cette voie choisissent un métier qui a un véritable impact : exigeant sur le plan technique, utile à la société et offrant des perspectives d’emploi pour de nombreuses années. »


Les chiffres de la canicule

Entre le 18 juin et le 1er juillet, Sciensano a enregistré une surmortalité de près de 48 %, soit 1.747 décès supplémentaires. Il s’agit de la vague de chaleur la plus meurtrière depuis le début des analyses en 2000. Le pic a été atteint le samedi 27 juin, avec 641 décès en une seule journée, soit plus du double d’une journée normale.

Autre constat marquant : la chaleur a touché toutes les tranches d’âge. Parmi les personnes de moins de 65 ans, 280 décès supplémentaires ont été enregistrés. Dans les maisons de repos, la surmortalité s’est élevée à 498 décès. Les écarts entre les Régions étaient importants, avec une surmortalité de 76 % en Wallonie, 61 % à Bruxelles et 31 % en Flandre.


Source des chiffres: Sciensano